Élément central des systèmes de détection et de communication, l’antenne convertit les signaux électriques en ondes électromagnétiques, et inversement.
Elle peut être conçue pour détecter une cible (antenne primaire), interagir avec elle pour identifier un appareil comme allié ou ennemi (IFF / antenne secondaire) ou encore transmettre des données à très longue distance (SATCOM, pour communication par satellite).
Chaque usage impose des contraintes techniques spécifiques : environnement embarqué, sécurité, discrétion, fréquence, portée ou encore mobilité.
©Atypix
À Morlaix, les antennes sont conçues sur mesure pour répondre à ces besoins, dans des environnements variés – radars de contrôle aérien civils, bâtiments de surface de la Marine nationale, avions de chasse ou stations mobiles.
Ineo Defense intègre toute la chaîne de valeur, du bureau d’études au test final. Le pôle conception dimensionne chaque antenne à partir de simulations électromagnétiques et mécaniques précises.
L’industrialisation est assurée localement : assemblage des sources hyperfréquences, câblage, traitement de surface et peinture technique.
Depuis 2024, les lignes de production ont été réorganisées pour répondre à l’augmentation des besoins, notamment dans le domaine des radars militaires où les cadences ont plus que doublé.
L’usine a également investi dans l’impression 3D métal pour relever les défis liés à la montée en fréquence des systèmes antennaires. Aujourd’hui, les équipements de nouvelle génération, comme ceux du programme Syracuse IV – le système français de communications militaires par satellites géostationnaires –, travaillent dans des bandes de fréquences allant de quelques gigahertz à plusieurs dizaines de gigahertz. La multifréquence permet de communiquer dans plusieurs bandes de fréquences simultanément dans un volume réduit, sans changer de structure. Pour répondre à ces exigences, Ineo Defense utilise désormais certains composants passifs hyperfréquences réalisés en fabrication additive – guides d’ondes, coupleurs, filtres – habituellement usinés en plusieurs parties. Cette méthode offre plus de légèreté, de précision, et réduit considérablement les temps d’assemblage tout en optimisant les performances radiofréquences (RF) et mécaniques.
Chaque antenne est ensuite soumise à une batterie de tests électromagnétiques rigoureux. Ces contrôles s’effectuent notamment dans des chambres anéchoïques, espaces clos partiellement ou entièrement tapissés de matériaux absorbants, conçues pour éliminer toute réflexion ou bruit parasite. Ce type d’environnement simule des conditions de propagation libre, afin de mesurer les performances réelles de rayonnement de l’antenne sans interférence extérieure pénalisante.
Des bancs de mesure en champ proche et champ lointain viennent compléter cette phase de test. Ils permettent de caractériser avec précision la directivité, le gain, la stabilité du faisceau ou encore la réponse en fréquence. Ces étapes sont essentielles pour garantir le bon fonctionnement de l’équipement une fois intégré à son environnement opérationnel, qu’il s’agisse d’un radar terrestre, d’un navire ou d’un aéronef.
Des antennes taillées au centième
Au sein de certains systèmes antennaires conçus à Morlaix, les réflecteurs paraboliques jouent un rôle central : ils concentrent et orientent le faisceau radioélectrique avec une précision très importante. Ce composant est essentiel dans les antennes à très haut niveau de directivité, comme celles utilisées pour les communications par satellite embarquées sur bâtiments de surface ou les stations terrestres.
Une précision indispensable pour garantir la directivité du signal, en particulier sur les bandes de fréquence les plus élevées (jusqu’à 32 GHz).
Fabriqués en fibre de carbone, ces réflecteurs allient légèreté, rigidité et stabilité thermique. Certains modèles d’antennes embarquent des systèmes de pointage dynamique, capables de maintenir en temps réel l’orientation vers un satellite, même lorsque le porteur est en mouvement.
Ce savoir-faire est mis en œuvre dans des systèmes civils comme militaires, notamment dans le cadre du programme Syracuse ou pour l’équipement de bâtiments de la Marine nationale.
Antennes radar : une dynamique industrielle accélérée à Morlaix
Ineo Defense est un partenaire industriel reconnu pour la fabrication d’antennes secondaires destinées à des radars civils et tactiques.
À Morlaix, ses équipes produisent notamment des antennes intégrées à des radars de contrôle aérien, déployés pour le suivi en vol ou dans les aéroports à fort trafic. Pour l’un de ces modèles, entre 10 et 20 ensembles sont fabriqués chaque année, entièrement sur place, avec un haut niveau de finition.
Le site contribue également à la fabrication d’antennes secondaires destinées à des radars mobiles de surveillance et de défense aérienne, conçus pour des missions de détection, de couverture d’espace aérien ou de protection de zones sensibles. Pour certains modèles tactiques, la cadence de production a été doublée en 2024, chaque système étant assemblé, testé et qualifié sur place avant livraison.
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